Concerts · Festivals
ÉvénementsEvents
14 janvier 202314 January 2023ÉvénementEvent
Theories of Forgetting - Hollie Harding
- ŒuvreWork
- DIKHA
- Ensemble
- London Symphony Orchestra
- LieuVenue
- Jerwood Hall, LSO St Luke's, London
À propos de cette œuvre…About this work…
Explorez les thèmes du temps et de la mémoire lors d'une soirée de musique contemporaine pour clarinette, accordéon, violoncelle, enregistrements sur support fixe et électronique en direct organisée par LSO Jerwood Composer+, Hollie Harding. Interprété par les plus grands spécialistes de la musique contemporaine Heather Roche, Eva Zöllner et Colin Alexander.
Des souvenirs de lieux sont transcrits en musique dans Mnemonic III de Pauline Oliveros et Looking on Darkness de Bent Sørensen . Un interprète teste sa mémoire à travers un processus d'enregistrement et de réenregistrement de trois mois dans la superposition de James Saunders (avec fugacité) . Et Trains de Joanna Bailie utilise l'enregistrement sur le terrain comme une mémoire préservée, capturant un moment dans le temps. De plus, il y a des premières britanniques et londoniennes de Christophe Bertrand et Johan Svensson aux côtés du fascinant Riis de Laurence Crane .Hollie Harding partage son nouveau travail Theories of Forgetting, une pièce en plusieurs mouvements explorant des souvenirs personnels impliquant le son. Elle revisite des moments et des objets musicaux de son passé, en utilisant des matériaux trouvés provenant de cassettes Dictaphone oubliées, de pièces passées, de lieux capturés dans des enregistrements de terrain et de souvenirs d'enfance fanés et transformés.
Explore themes of time and memory in an evening of contemporary music for clarinet, accordion, cello, fixed-media recordings and live electronics, curated by LSO Jerwood Composer+, Hollie Harding. Performed by leading contemporary music specialists Heather Roche, Eva Zöllner and Colin Alexander.
Memories of places are transcribed into music in Pauline Oliveros's Mnemonic III and Bent Sørensen's Looking on Darkness. A performer tests their memory through a three-month process of recording and re-recording in James Saunders's superimposition (with fugacité). And Joanna Bailie's Trains uses field recording as a preserved memory, capturing a moment in time. The programme also features British and London premieres of works by Christophe Bertrand and Johan Svensson alongside the fascinating Riis by Laurence Crane. Hollie Harding shares her new work Theories of Forgetting, a multi-movement piece exploring personal memories involving sound. She revisits moments and musical objects from her past, using found materials from forgotten Dictaphone cassettes, past pieces, places captured in field recordings, and faded, transformed childhood memories.
26 janvier 202326 January 2023ÉvénementEvent
Université de musique et des arts du spectacle de VienneUniversity of Music and Performing Arts Vienna
- ŒuvreWork
- AUS
- Ensemble
- Étudiants de l'Université de musique et d'art dramatique de Vienne
- LieuVenue
- Université de musique et des arts du spectacle, Vienne, Autriche
À propos de cette œuvre…About this work…
Le terme aus signifie en allemand « issu de » et « hors de ». La première signification du mot renvoie par homophonie à ma pièce pour piano Haos, qui fournit la base de ce quatuor, en en proposant non pas une copie, mais une relecture, une mise en lumière, des éclairages différents : de Haos surgissent de nouvelles harmonies, de nouvelles structures, de nouveaux motifs, mais également des proliférations de ceux-ci, principe qui constituait déjà la base de la pièce pour piano, toutefois contrainte par les limites techniques et organiques du pianiste et du piano (notamment le piano « bien tempéré ») : dans Aus, ces limites parviennent à être réduites, par l'environnement microtonal, le plus grand nombre d'instruments (permettant par exemple de superposer jusqu'à onze fréquences de répétition différentes). La sensation d'absence de pulsation se trouve encore grandie. La seconde signification renvoie à l'énergie particulièrement électrique, à la virtuosité extrême parfois quasi schizophrène (hors de, démultiplication, etc.) de la pièce, tel que l'attestent des passages indiqués turbolento, esuberante, isterico, pazzo.
Le début de la pièce est assez calme : comme dans Haos, différentes vitesses (jusqu'à onze vitesses différentes) se superposent dans un halo diatonique fait de résonances de pédale, de lents glissandi micro-intervallaires et de vagues soufflets dynamiques. Un mécanisme mou se met en place, se faisant de plus en plus sec et désarticulé, toujours plus rapide, puis se figeant presque avant d'évoluer vers des gammes ascendantes, entremêlées, déphasées entre les différents instruments (cinq gammes enchevêtrées entre l'alto, les vents et les deux mains du pianiste), puis de s'arrêter avec violence. S'ensuit une cadence du piano bâtie comme un immense crescendo dynamique, harmonique et rythmique, inéluctable, orchestral : des aigus martelés émergent quelques pivots à l'harmonie proche du jazz se resserrant en un gonflement volcanique. Cet enflement ne pouvait que retomber ou s'arrêter subitement : ici, il se rompt soudain dans un tacet chargé d'énergie, avant de repartir de plus belle en une frénétique et convulsive toccata, au son peu à peu plus touffu, qui s'envole vers les aigus avec violence lors d'une inattendue cadence de l'alto seul, de plus en plus bruiteuse, alors que les autres instruments ont déjà terminé la pièce.
Même si les différents paramètres évoluent constamment, les motifs se transforment et les harmonies se contractent ou se gonflent, les ruptures sont bien plus présentes que dans mes compositions précédentes dans lesquelles chaque mouvement voire l’œuvre tout entière n'était en réalité qu'un seul et même geste musical : ici, les fins sont souvent brusques, inattendues, tendues, les gestes sont tronqués. Une fois encore, dans Aus, l'énergie est constante, multiforme, mais aucun répit n'est possible ; c'est la raison pour laquelle la pièce ne dure que huit minutes : si elle était plus longue, l'énergie entretenue n'aurait plus d'effet sur l'auditeur, l'attention s'amenuiserait, et la pièce perdrait son sens.
The term aus means in German "issuing from" and "outside of". The first meaning of the word refers, by homophony, to the piano piece Haos, which provides the basis for this quartet — not as a copy, but as a re-reading, a shedding of new light: from Haos emerge new harmonies, new structures, new motifs, as well as proliferations of these, a principle that already formed the basis of the piano piece, yet constrained by the technical and organic limits of the pianist and the "well-tempered" piano: in Aus, these limits are reduced by the microtonal environment and the greater number of instruments. The sensation of absence of pulse is heightened further. The second meaning refers to the particularly electric energy, the extreme virtuosity — sometimes almost schizophrenic — of the piece, as evidenced by passages marked turbolento, esuberante, isterico, pazzo.
The opening of the piece is fairly calm: different speeds (up to eleven) are superimposed in a diatonic haze of pedal resonances, slow micro-interval glissandi and gentle dynamic waves. A loose mechanism gradually takes shape, becoming drier and more disjointed, ever faster, then nearly freezing before moving into ascending scales, intertwined and out of phase between the instruments (five scales entangled between the viola, the winds and the pianist's two hands), before coming to a violent halt. This is followed by a piano cadenza built as an immense, inevitable, orchestral crescendo. The swell could only collapse or stop abruptly: here it suddenly breaks in an energy-laden silence, before surging back with a frenetic and convulsive toccata, taking violent flight into the high register in an unexpected cadenza for solo viola, increasingly noise-laden, while the other instruments have already concluded the piece.
Although the various parameters evolve constantly, ruptures are far more present here than in my previous compositions. Once again, in Aus, energy is constant and multiform, but no respite is possible; that is why the piece lasts only eight minutes: were it longer, the sustained energy would cease to affect the listener, and the piece would lose its meaning.
29 avril 202329 April 2023ÉvénementEvent
Ensemble Blank - The composer is aliveEnsemble Blank - The Composer is Alive
- ŒuvreWork
- SATKA
- Ensemble
- Ensemble Blank
- LieuVenue
- Seoul Arts Center, IBK Chamber Hall, Corée du Sud
À propos de cette œuvre…About this work…
Satka est un terme sanskrit signifiant littéralement « groupe de six » : en effet, la pièce est écrite pour flûte, clarinette, violon, violoncelle, percussion et piano. Structurellement, on dénombre dix-sept sections, agencées selon la suite Fibonacci, dont la durée augmente ou diminue sans cesse (8-5-3-2-1-2-3-5-8 etc.) ; la durée des sections va de 10'' pour la plus courte à 87'' pour la plus longue. Chacune d'entre elles développe un processus plus ou moins complexe ; il serait laborieux d'analyser dans le détail chacun des processus. Cependant, quelques grandes lignes peuvent aisément être décelées.
Satka est un peu la jumelle d'Hendeka, écrite peu avant. La formation est certes bien différente, mais certaines idées ont été réemployées, sous un jour différent. Ainsi, le rapprochement ou l'éloignement des gestes musicaux par l'adjonction ou le retrait de silences, donnant un sentiment d' « élasticité » à la masse musicale est un paramètre récurrent. Le début de la toute première section en est un bon exemple : tous les instruments jouent des gammes à grande vitesse, chacune étant séparée par six huitièmes de soupir, puis cinq, puis quatre, etc jusqu'à ce que les gammes soient enchaînées sans répit. Quoique très organisé, ce type d'écriture induit une certaine forme de chaos.
A l'inverse, comme dans les sections indiquées « jazzy », des petits lignes très entrecoupées de silences (parfois ascendantes, parfois descendantes), sont jouées par tous l'ensemble en parfaite homorythmie : seule la clustérisation de la ligne change (de la tierce totalement remplie de quarts de tons à l'agrégation de deux septièmes diminuées). Cette homorythmie donne une impression de très grande organisation.
Harmoniquement, on peut déceler une grande unité qui est due à l'emploi intensif de la tierce, dans tous ses états : l'agrégation de deux septièmes diminuées (do-ré-mi-fa#-sol-la-sib-do plus réb), l'emploi d'une échelle de tierces qui couvre six octaves, ou encore la juxtaposition des trois transpositions du mode 2 (sur trois octaves).
Satka est une pièce d'une très grande virtuosité, dont la vitesse est paroxystique presque tout au long des douze minutes ; seules quatre très courtes interruptions « sostentissimo, molto teso », très violentes et très tendues, stoppent le flux de notes, sans pour autant en réduire la tension. Car encore une fois, cette virtuosité n'a pas pour but d'être démonstrative, mais de communiquer une grande énergie de la scène à l'auditoire.
Satka est dédié à Jean-Dominique Marco.
Satka is a Sanskrit term literally meaning "group of six": indeed, the piece is written for flute, clarinet, violin, cello, percussion and piano. Structurally, seventeen sections are arranged according to the Fibonacci sequence, with durations that constantly increase or decrease (8-5-3-2-1-2-3-5-8, etc.); sections range from 10" for the shortest to 87" for the longest. Each develops a more or less complex process.
Satka is something of a twin to Hendeka, written shortly before. The instrumentation is very different, but certain ideas have been reused in a new light. The bringing together or moving apart of musical gestures through the addition or removal of silences — giving a sense of "elasticity" to the musical mass — is a recurring parameter. The opening of the first section is a good example: all the instruments play scales at great speed, each separated by six semiquaver rests, then five, then four, until the scales are linked without pause. Although highly organised, this type of writing induces a certain form of chaos.
Conversely, in the sections marked "jazzy", small lines heavily punctuated by silences are played by the whole ensemble in perfect homorhythm: only the clustering of the line changes (from a third filled with quarter-tones to the aggregation of two diminished sevenths). This homorhythm gives an impression of great organisation.
Harmonically, one can discern a great unity owing to the intensive use of the third in all its forms. Satka is a piece of very great virtuosity, whose speed is paroxysmal for almost all of its twelve minutes; only four very short, very violent and very tense interruptions halt the flow of notes, without reducing the tension. For this virtuosity is not aimed at being demonstrative, but at communicating great energy from the stage to the audience.
Satka is dedicated to Jean-Dominique Marco.
08 mai 202308 May 2023ÉvénementEvent
Traiettorie 2023 - XXXIIIe Revue internationale de musique moderne et contemporaine
- ŒuvreWork
- HAOS
- Ensemble
- Accroche Note
- LieuVenue
- CPM Toscanini, Sala Gavazzeni, Parme, Italie
À propos de cette œuvre…About this work…
"Plante des Îles Sandwich dont les fleurs sont blanches le matin, jaunes à midi, rouges le soir et mortes le lendemain" (Littré). Cette définition poétique épouse parfaitement le profil de cette pièce pour piano, dans laquelle l'idée de démultiplication (des figures, des vitesses, voire des mains du pianiste!) domine tout le long des trois sections qui la composent.
La première partie (saggio e con dolcezza), au champ harmonique très diatonique, consiste en la superposition de sons répétés à des périodes différentes (jusqu'à huit voix différentes), le tout nimbé de pédale, et où la sensation de pulsation n'est jamais perceptible. Le champ harmonique initial évolue constamment, malgré l'impression de répétitivité, de polarisation voire d'immobilité, et ce, par ajout ou suppression de sons, ou bien par glissement progressif, tout en suivant un phénomène d'accélération, de resserrement (toujours sans ressentir la pulsation pourtant toujours la même).
La seconde partie, extrêmement virtuose (Veloce, sempre molto ritmato) consiste bel et bien en un dédoublement des motifs musicaux : les deux mains du pianiste jouent des gammes rapides, d'abord courtes et fragmentées, créant par là des rythmiques presque jazzy, puis de plus en plus régulières et lisses, jusqu'à foisonner en donnant l'impression à la fois d'un surplace et d'une ascension continue. Le même principe est ensuite appliqué à une section d'arpèges descendants (Vivo, molto rimbalzando), cette fois plus rythmiques et entrecoupés de nombreux accents, qui débouche sur un immense crescendo : des aigus de plus en plus rapides et martelés (composés de patterns de longueurs différentes et d'accentuations asynchrones), sous-tendus par des figures rythmiques et une harmonie très influencées par le jazz ; le champ harmonique décliné ici est finalement brouillé par un la grave, cette même note qui plus tard donnera tout son sens à de volubiles aigus.
Après une transition évoquant la superposition de différentes vitesses du début, commence une section d'abord éthérée et suspendue (rythmiquement plus libre : vitesses variables, motifs presto possibile, etc.) puis de plus en plus virtuose (virtuoso, sempre più frenetico) : le champ harmonique de cette section, sans cesse polarisé, se développant vers le grave ou se rétrécissant vers les aigus, est soudain mis en lumière par le même la grave que précédemment, et lui confère une couleur quasi harmonique. Puis les arpèges s'égrènent de façon de plus en plus déchirée et ralentie presque jusqu'à l'arrêt, avec cette fois-ci des valeurs rythmiques complexes générant une instabilité et une grande tension, grimpant une dernière fois vers l'extrême aigu, pour finalement s'échouer avec une violence inattendue, celle de la répétition d'une seule note, isolée, dans la nuance "ffff estremo".
Haos est dédié à Laurent Cabasso. La durée de la pièce est d'environ 11 minutes.
15 octobre 202315 October 2023ÉvénementEvent
Trio Catch - SANH
- ŒuvreWork
- SANH
- Ensemble
- Trio Catch
- LieuVenue
- ZKM, Zeitgenuss Festival Karlsruhe, Karlsruhe, Allemagne
À propos de cette œuvre…About this work…
Le titre fait référence à un terme chinois qui signifie à la fois « trois » et « éparpillé » : cette double notion est la matrice même de la pièce, qui met en œuvre trois instruments (et les différentes combinaisons qui en découlent, du contrepoint le plus horizontal aux effets de masse) et différents moyens pour créer un effet d’asynchronie permanente. Si la pulsation est la même du début à la fin, elle n’est pourtant jamais perceptible ; à de très rares instants seulement, cet éparpillement est contrarié : le jeu ensemble n’en est que plus prégnant.
Les procédés utilisés pour parvenir à cette sensation sont différents dans chacune des cinq sections de la pièce. Ainsi, dans la première, Molto calmo, con docezza, c’est la superposition de vitesses, jusqu’à huit, qui crée une impression de flottement, de flou, aux harmonies diatoniques distordues de quarts de tons, et avec une directionnalité harmonique ascendante.
L’éparpillement de la seconde section, Vivo luminoso, est obtenu par l’imbrication de mélismes en un contrepoint très dense, aux harmonies mises en lumières par des basses changeantes ; le contrepoint se fait de plus en plus tendu jusqu’au geste Drammatico.
Le contrepoint suivant est encore plus dense, évoluant dans des ambitus extrêmement réduits (les champs harmoniques ne dépassant jamais un ambitus de quinte) ; cet imbroglio, si concentré que les instruments semblent indifférenciés, est interrompu à quatre reprises par un geste fulgurant de quadruples croches.
Le Vivo, molto scorrevole est un continuum élastique, qui donne l’impression de ralentir ou d’accélérer (mais la pulsation est toujours la même), suivant une trajectoire descendante, jusqu’à se cristalliser dans le registre grave, après avoir traversé tous les registres.
La cinquième et dernière section, Lento, sospeso, est, à l’instar du début de la pièce, une superposition de vitesses, mais aux harmonies gelées, immobiles : d’abord comme des milliers de gouttelettes formant un brouillard dense, aux sonorités de cloches lointaines ; puis comme un cliquetis à la mécanique détraquée ; et enfin, l’harmonie figée, d’une lumineuse froideur, disparaissant comme happée par le silence. Un soudain geste de colère, bref et inattendu, pazzo, conclut la pièce.
J’ai cherché à contrarier l’utilisation d’instruments graves par la pulvérisation des sons dans tous les registres, et plus spécifiquement les aigus ; le piano agit comme une sorte de prolongement vers l’aigu du violoncelle et de la clarinette basse, de sorte que l’on a l’impression qu’il ne s’agit pas d’une pièce pour instruments graves.
Sanh, commande de l’Etat Français, dure environ 12 minutes et est dédiée amicalement à Armand Angster.
The title refers to a Chinese term meaning at once "three" and "scattered": this dual notion is the very matrix of the piece, which employs three instruments (and the various combinations arising from them, from the most horizontal counterpoint to mass effects) and different means to create a permanent sense of asynchrony. Although the pulse is the same from beginning to end, it is never perceptible; only at very rare moments is this scattering overridden — making those moments of playing together all the more striking.
The techniques used to achieve this sensation differ in each of the five sections of the piece. In the first, Molto calmo, con dolcezza, the superimposition of speeds — up to eight — creates an impression of floating and haziness, with diatonic harmonies distorted by quarter-tones, and an upward harmonic directionality.
The scattering of the second section, Vivo luminoso, is achieved through the interweaving of melismas in a very dense counterpoint, with harmonies illuminated by changing bass notes; the counterpoint grows increasingly tense towards the Drammatico gesture. The following counterpoint is even denser, evolving within extremely narrow ambitus; this imbroglio is interrupted four times by a lightning gesture of demisemiquavers. The Vivo, molto scorrevole is an elastic continuum following a descending trajectory until it crystallises in the low register. The fifth and final section, Lento, sospeso, is a superimposition of speeds with frozen harmonies: at first like a dense fog, then like a broken mechanism, and finally the frozen harmony disappearing as if swallowed by silence. A sudden pazzo gesture concludes the piece.
Sanh, a commission from the French State, lasts approximately 12 minutes and is dedicated to Armand Angster.
23 octobre 202323 October 2023ÉvénementEvent
Trio Catch - SANH
- ŒuvreWork
- SANH
- Ensemble
- Trio Catch
- LieuVenue
- Altes Magazin, Hanovre, Allemagne
À propos de cette œuvre…About this work…
Le titre fait référence à un terme chinois qui signifie à la fois « trois » et « éparpillé » : cette double notion est la matrice même de la pièce, qui met en œuvre trois instruments (et les différentes combinaisons qui en découlent, du contrepoint le plus horizontal aux effets de masse) et différents moyens pour créer un effet d’asynchronie permanente. Si la pulsation est la même du début à la fin, elle n’est pourtant jamais perceptible ; à de très rares instants seulement, cet éparpillement est contrarié : le jeu ensemble n’en est que plus prégnant.
Les procédés utilisés pour parvenir à cette sensation sont différents dans chacune des cinq sections de la pièce. Ainsi, dans la première, Molto calmo, con docezza, c’est la superposition de vitesses, jusqu’à huit, qui crée une impression de flottement, de flou, aux harmonies diatoniques distordues de quarts de tons, et avec une directionnalité harmonique ascendante.
L’éparpillement de la seconde section, Vivo luminoso, est obtenu par l’imbrication de mélismes en un contrepoint très dense, aux harmonies mises en lumières par des basses changeantes ; le contrepoint se fait de plus en plus tendu jusqu’au geste Drammatico.
Le contrepoint suivant est encore plus dense, évoluant dans des ambitus extrêmement réduits (les champs harmoniques ne dépassant jamais un ambitus de quinte) ; cet imbroglio, si concentré que les instruments semblent indifférenciés, est interrompu à quatre reprises par un geste fulgurant de quadruples croches.
Le Vivo, molto scorrevole est un continuum élastique, qui donne l’impression de ralentir ou d’accélérer (mais la pulsation est toujours la même), suivant une trajectoire descendante, jusqu’à se cristalliser dans le registre grave, après avoir traversé tous les registres.
La cinquième et dernière section, Lento, sospeso, est, à l’instar du début de la pièce, une superposition de vitesses, mais aux harmonies gelées, immobiles : d’abord comme des milliers de gouttelettes formant un brouillard dense, aux sonorités de cloches lointaines ; puis comme un cliquetis à la mécanique détraquée ; et enfin, l’harmonie figée, d’une lumineuse froideur, disparaissant comme happée par le silence. Un soudain geste de colère, bref et inattendu, pazzo, conclut la pièce.
J’ai cherché à contrarier l’utilisation d’instruments graves par la pulvérisation des sons dans tous les registres, et plus spécifiquement les aigus ; le piano agit comme une sorte de prolongement vers l’aigu du violoncelle et de la clarinette basse, de sorte que l’on a l’impression qu’il ne s’agit pas d’une pièce pour instruments graves.
Sanh, commande de l’Etat Français, dure environ 12 minutes et est dédiée amicalement à Armand Angster.
The title refers to a Chinese term meaning at once "three" and "scattered": this dual notion is the very matrix of the piece, which employs three instruments (and the various combinations arising from them, from the most horizontal counterpoint to mass effects) and different means to create a permanent sense of asynchrony. Although the pulse is the same from beginning to end, it is never perceptible; only at very rare moments is this scattering overridden — making those moments of playing together all the more striking.
In the first section, Molto calmo, con dolcezza, the superimposition of speeds — up to eight — creates an impression of floating and haziness, with diatonic harmonies distorted by quarter-tones, and an upward harmonic directionality. The scattering of the second section, Vivo luminoso, is achieved through the interweaving of melismas in very dense counterpoint. The following counterpoint evolves within extremely narrow ambitus; this imbroglio is interrupted four times by a lightning gesture of demisemiquavers. The Vivo, molto scorrevole is an elastic continuum following a descending trajectory until it crystallises in the low register. The final section, Lento, sospeso, is a superimposition of speeds with frozen, motionless harmonies — at first like a dense fog, then like a broken mechanism, disappearing as if swallowed by silence. A sudden pazzo gesture concludes the piece.
Sanh, a commission from the French State, lasts approximately 12 minutes and is dedicated to Armand Angster.
25 novembre 202325 November 2023ÉvénementEvent
Trio Catch - SANH
- ŒuvreWork
- SANH
- Ensemble
- Trio Catch
- LieuVenue
- Schwere Reiter, München, Allemagne
À propos de cette œuvre…About this work…
Le titre fait référence à un terme chinois qui signifie à la fois « trois » et « éparpillé » : cette double notion est la matrice même de la pièce, qui met en œuvre trois instruments (et les différentes combinaisons qui en découlent, du contrepoint le plus horizontal aux effets de masse) et différents moyens pour créer un effet d’asynchronie permanente. Si la pulsation est la même du début à la fin, elle n’est pourtant jamais perceptible ; à de très rares instants seulement, cet éparpillement est contrarié : le jeu ensemble n’en est que plus prégnant.
Les procédés utilisés pour parvenir à cette sensation sont différents dans chacune des cinq sections de la pièce. Ainsi, dans la première, Molto calmo, con docezza, c’est la superposition de vitesses, jusqu’à huit, qui crée une impression de flottement, de flou, aux harmonies diatoniques distordues de quarts de tons, et avec une directionnalité harmonique ascendante.
L’éparpillement de la seconde section, Vivo luminoso, est obtenu par l’imbrication de mélismes en un contrepoint très dense, aux harmonies mises en lumières par des basses changeantes ; le contrepoint se fait de plus en plus tendu jusqu’au geste Drammatico.
Le contrepoint suivant est encore plus dense, évoluant dans des ambitus extrêmement réduits (les champs harmoniques ne dépassant jamais un ambitus de quinte) ; cet imbroglio, si concentré que les instruments semblent indifférenciés, est interrompu à quatre reprises par un geste fulgurant de quadruples croches.
Le Vivo, molto scorrevole est un continuum élastique, qui donne l’impression de ralentir ou d’accélérer (mais la pulsation est toujours la même), suivant une trajectoire descendante, jusqu’à se cristalliser dans le registre grave, après avoir traversé tous les registres.
La cinquième et dernière section, Lento, sospeso, est, à l’instar du début de la pièce, une superposition de vitesses, mais aux harmonies gelées, immobiles : d’abord comme des milliers de gouttelettes formant un brouillard dense, aux sonorités de cloches lointaines ; puis comme un cliquetis à la mécanique détraquée ; et enfin, l’harmonie figée, d’une lumineuse froideur, disparaissant comme happée par le silence. Un soudain geste de colère, bref et inattendu, pazzo, conclut la pièce.
J’ai cherché à contrarier l’utilisation d’instruments graves par la pulvérisation des sons dans tous les registres, et plus spécifiquement les aigus ; le piano agit comme une sorte de prolongement vers l’aigu du violoncelle et de la clarinette basse, de sorte que l’on a l’impression qu’il ne s’agit pas d’une pièce pour instruments graves.
Sanh, commande de l’Etat Français, dure environ 12 minutes et est dédiée amicalement à Armand Angster.
The title refers to a Chinese term meaning at once "three" and "scattered": this dual notion is the very matrix of the piece, which employs three instruments and different means to create a permanent sense of asynchrony. Although the pulse is the same from beginning to end, it is never perceptible; only at very rare moments is this scattering overridden — making those moments of playing together all the more striking.
In the first section, Molto calmo, con dolcezza, the superimposition of up to eight speeds creates an impression of floating and haziness, with diatonic harmonies distorted by quarter-tones. The second section, Vivo luminoso, achieves its scattering through the interweaving of melismas in very dense counterpoint. The third counterpoint evolves within extremely narrow ambitus, interrupted four times by a lightning gesture of demisemiquavers. The Vivo, molto scorrevole is an elastic continuum following a descending trajectory until it crystallises in the low register. The final Lento, sospeso superimposes speeds over frozen harmonies — from dense fog to broken mechanism — before a sudden pazzo gesture concludes the piece.
Sanh, a commission from the French State, lasts approximately 12 minutes and is dedicated to Armand Angster.
04 février 202504 February 2025ÉvénementEvent
Festival Présences 2025
- ŒuvreWork
- MANA
- Ensemble
- Virpi Räisänen, Ninon Hannecart-Ségal, Ensemble NEXT, Orchestre du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris
- LieuVenue
- Auditorium de la Maison de la Radio et de la Musique, France
À propos de cette œuvre…About this work…
Mana est une commande du Festival de Lucerne pour l’Académie du Festival de Lucerne et a été créée le 9 septembre 2005 au KKL de Lucerne, par le Lucerne Festival Academy Orchestra placé sous la direction de Pierre Boulez. Cette pièce lui est dédiée.
Selon les sociétés primitives d’Océanie, le « mana » est une force supérieure répandue dans la nature, habitant certains êtres et certaines choses auxquels elle confère le pouvoir de dominer les autres par leur grande puissance physique, leurs dons quasi surnaturels tenant à la fois du sacré et de la magie ; il s’agit en quelque sorte d’un fluide électrique, que les guerriers cherchent notamment à posséder lorsqu’ils s’adonnent à des rites d’anthropophagie.
Mana est donc tout entière placée sous le signe de l’énergie, et ce, ne serait-ce qu’à travers l’écriture elle-même : en effet, le terme d’orchestre n’est pas tout à fait approprié, il faudrait plutôt parler d’une pièce pour soixante-dix-sept musiciens, ou d’une gigantesque pièce de musique de chambre, puisque l’écriture de toutes les parties est extrêmement virtuose, comme pour parvenir à une sorte de frénésie collective, sans répit du début à la fin de l’œuvre. Sans renier une écriture parfois en blocs sonores, on pourrait dire que chaque instrumentiste est soliste dans Mana. La difficulté des parties n’a aucune visée démonstrative, loin s’en faut : elle requiert un investissement de chacun qui participe de cette frénésie voulue par la pièce.
Au niveau de l’architecture, on pourrait diviser la pièce en quatre sections, qui chacune à sa manière, tend à développer un modèle d’« arpège » :
1) arpèges fluides entremêlés en une espèce de toile d’araignée plus ou moins dense, et luttant contre l’irruption de motifs constitués de notes répétées, le tout soutenu par un tapis microtonal. Ces deux archétypes (arpèges/notes répétées) fusionnent l’espace d’une courte séquence lors de laquelle les arpèges se font plus rythmiques et sont déphasés de telle sorte qu’on entend davantage une succession d’accords qu’un réseau d’arpèges.
2) blocs rythmiques et convulsifs laissant la place à des « fusées » colorées à la façon d’un harmonizer (par des accords assez diatoniques de trois ou quatre sons, assez typiques d’ailleurs de l’harmonie générale de la pièce) ou des dégringolades hachées et très rythmiques, reprises par un nombre croissant d’instruments jusqu’au tutti.
3) un ostinato duquel s’échappent des sons tenus, sortes de résonances d’attaques violentes (voire de rires avec les sourdines des cuivres) et sans cesse changeantes, passant d’un instrument à un autre de manière de plus en plus tourbillonnante, pour enfin faire apparaître leur sens harmonique, laissant la place au développement de l’idée des « fusées », disséminées plus avant dans l’espace orchestral.
4) enfin des gammes mêlées de façon si dense qu’on en dégage qu’un mouvement ascendant global, colorées par les célestas, les crotales, les glockenspiels et les harpes dans un halo diatonique et vaguement métallique.
On trouve quelques autres éléments ou séquences, moins en rapport toutefois avec le modèle de variation d’arpège qu’avec la nécessité de perception formelle ou de l’aboutissement des processus : les nombreux roulements de grosse caisse préfigurant le dévastateur geste final ; le tourbillon ascendant précédant la courte séquence où chaque instrument joue une note différente, répétant sauvagement cet agrégat tellurique ; les deux passages où certains groupes d’instruments hurlent leur cluster diatonique, suspendus, tendus. Harmoniquement, Mana est bien plus changeant que dans mes pièces précédentes : si les champs harmoniques sont toujours relativement diatoniques et colorés par des micro-intervalles, les agrégats s’enchaînent à une vitesse souvent folle, comme en témoigne la deuxième section, certainement la plus mobile harmoniquement. De plus, la disposition des instruments sur scène, partageant les instruments en deux groupes stéréophoniques entourés des percussions permet aux sons de voyager dans le champ scénique.
Cette pièce ne dure qu’une dizaine de minutes, mais l’énergie qui y est contenue ne permet pas un développement plus important : la tension sans détente engendrée par la virtuosité s’amenuiserait chez l’auditeur et la pièce perdrait son sens.
12 octobre 202512 October 2025ÉvénementEvent
Jeunes compositeurs 2025
- ŒuvreWork
- Haïku
- Ensemble
- Ensemble COURT-CIRCUIT
- LieuVenue
- Château de Ville d’Avray, France
À propos de cette œuvre…About this work…
Haïku est une pièce pianistique qui allie virtuosité et rapidité, mais de manière retenue et non démonstrative, dans un esprit d’ascèse inspiré des haïkus japonais et de certaines œuvres d’Olivier Messiaen. L’influence de ce dernier est présente de façon diffuse : plutôt qu’un emprunt explicite, la pièce converge vers un unique accord issu de ses œuvres, qui agit comme un pôle d’attraction sonore.
L’œuvre est structurée en trois sections principales, chacune subdivisée selon des proportions rappelant celles du haïku :
Première section : un contrepoint nerveux de quatre voix, constitué de motifs brefs et évolutifs, tendant vers un continuum sonore à mesure que les silences disparaissent et que la texture s’intensifie.
Deuxième section : plus fluide et colorée, avec des lignes très ornées dans l’aigu du piano, organisées autour de trois champs harmoniques diatoniques ; le rythme complexe efface la sensation de pulsation, créant une impression suspendue.
Troisième section : resserrement progressif des matériaux précédents, évoquant des “cloches d’angoisse”, jusqu’à un accord final dérivé de Messiaen, puis le silence.
La pièce a été écrite sans le support du piano, afin d’éviter les automatismes instrumentaux et de favoriser une approche plus abstraite et conceptuelle du son. Elle a été commandée par Ars Mobilis pour le festival "Les Solistes aux Serres d'Auteuil".
18 novembre 202618 November 2026ÉvénementEvent
NOW 2: Mother
- ŒuvreWork
- Vertigo
- Ensemble
- Slovenian Philharmonic Orchestra
- LieuVenue
- Prešernova cesta 10, 1000 Ljubljana, Slovénie
À propos de cette œuvre…About this work…
Vertigo est une œuvre pour deux pianos et grand orchestre, conçue comme une forme continue d’environ vingt minutes, marquant pour le compositeur une première confrontation à une architecture de grande ampleur. La pièce est structurée en onze sections organisées selon la suite de Fibonacci en miroir, conférant un équilibre global tout en restant imperceptible pour l’auditeur. La réflexion sur la perception de l’écoute et l’unité formelle y est centrale.
Pour assurer cette cohérence, le compositeur recourt à des procédés de répétition et de transformation de motifs : certains éléments musicaux (comme des figures rapides aux pianos, des arpèges aigus ou des clusters orchestraux) réapparaissent sous des formes variées, évoluant dans leur rôle et leur importance au fil de l’œuvre. Des harmonies récurrentes circulent également, mêlant diatonisme et écriture en clusters.
Les deux pianos jouent un rôle essentiel, agissant d’abord comme résonateurs de l’orchestre avant de devenir progressivement solistes. Leur écriture explore des effets de brouillage perceptif (superpositions de vitesses, microtonalité, proximité harmonique), créant une impression instable et trouble, à l’image d’un vertige auditif.
L’orchestre, très divisé et virtuose, est sollicité dans une écriture dense et frénétique, avec des tempi extrêmes et des textures foisonnantes. L’absence quasi totale de silence et de ralentissement contribue à une tension continue.
Enfin, le titre Vertigo renvoie à la fois à cette sensation de vertige sonore et à une référence au film d’Hitchcock, évoquant une peur du vide — ici traduite par un flux musical ininterrompu.
21 avril 202421 April 2024ÉvénementEvent
Visions from France
- ŒuvreWork
- Treis
- Ensemble
- Lions Gate Trio
- LieuVenue
- HARTT Auditorium, University W Hartford, United States
ÉvénementEvent
Esprit Orchestra — Festival « Edge of Your Seat » III : FAST!Esprit Orchestra — Edge of Your Seat Festival III: FAST!
- ŒuvreWork
- Scales
- Ensemble
- Esprit Orchestra, dir. Alex Pauk
- LieuVenue
- Koerner Hall, Toronto (Canada)
À propos de cette œuvre…About this work…
L'Esprit Orchestra, dirigé par Alex Pauk, donne la création nord-américaine de Scales (2010) de Christophe Bertrand lors du concert d'ouverture « FAST! » du festival international Edge of Your Seat III. Au programme également : John Adams (Short Ride in a Fast Machine), Andrzej Panufnik et Anders Hillborg.
Esprit Orchestra, conducted by Alex Pauk, gives the North American premiere of Christophe Bertrand's Scales (2010) at the opening concert "FAST!" of the Edge of Your Seat III international festival. The programme also features John Adams (Short Ride in a Fast Machine), Andrzej Panufnik and Anders Hillborg.