ChambreChamber
Catalogue des œuvresCatalogue of works

ŒuvreWork

Satka

AnnéeYear
2008
DuréeDuration
13'
EffectifInstrumentation
flûte - clarinette - violon - violoncelle - percussions (marimba, vibraphone) - piano

À propos de cette œuvre…About this work…

Satka est un terme sanskrit signifiant littéralement « groupe de six » : en effet, la pièce est écrite pour flûte, clarinette, violon, violoncelle, percussion et piano. Structurellement, on dénombre dix-sept sections, agencées selon la suite Fibonacci, dont la durée augmente ou diminue sans cesse (8-5-3-2-1-2-3-5-8 etc.) ; la durée des sections va de 10'' pour la plus courte à 87'' pour la plus longue. Chacune d'entre elles développe un processus plus ou moins complexe ; il serait laborieux d'analyser dans le détail chacun des processus. Cependant, quelques grandes lignes peuvent aisément être décelées.

Satka est un peu la jumelle d'Hendeka, écrite peu avant. La formation est certes bien différente, mais certaines idées ont été réemployées, sous un jour différent. Ainsi, le rapprochement ou l'éloignement des gestes musicaux par l'adjonction ou le retrait de silences, donnant un sentiment d' « élasticité » à la masse musicale est un paramètre récurrent. Le début de la toute première section en est un bon exemple : tous les instruments jouent des gammes à grande vitesse, chacune étant séparée par six huitièmes de soupir, puis cinq, puis quatre, etc jusqu'à ce que les gammes soient enchaînées sans répit. Quoique très organisé, ce type d'écriture induit une certaine forme de chaos.

A l'inverse, comme dans les sections indiquées « jazzy », des petits lignes très entrecoupées de silences (parfois ascendantes, parfois descendantes), sont jouées par tous l'ensemble en parfaite homorythmie : seule la clustérisation de la ligne change (de la tierce totalement remplie de quarts de tons à l'agrégation de deux septièmes diminuées). Cette homorythmie donne une impression de très grande organisation.

Harmoniquement, on peut déceler une grande unité qui est due à l'emploi intensif de la tierce, dans tous ses états : l'agrégation de deux septièmes diminuées (do-ré-mi-fa#-sol-la-sib-do plus réb), l'emploi d'une échelle de tierces qui couvre six octaves, ou encore la juxtaposition des trois transpositions du mode 2 (sur trois octaves).

Satka est une pièce d'une très grande virtuosité, dont la vitesse est paroxystique presque tout au long des douze minutes ; seules quatre très courtes interruptions « sostentissimo, molto teso », très violentes et très tendues, stoppent le flux de notes, sans pour autant en réduire la tension. Car encore une fois, cette virtuosité n'a pas pour but d'être démonstrative, mais de communiquer une grande énergie de la scène à l'auditoire.

Satka est dédié à Jean-Dominique Marco.

Satka is a Sanskrit term literally meaning "group of six": indeed, the piece is written for flute, clarinet, violin, cello, percussion and piano. Structurally, seventeen sections are arranged according to the Fibonacci sequence, with durations that constantly increase or decrease (8-5-3-2-1-2-3-5-8, etc.); the sections range from 10" for the shortest to 87" for the longest. Each develops a more or less complex process; it would be laborious to analyse each in detail. However, a few broad lines can easily be identified.

Satka is something of a twin to Hendeka, written shortly before. The instrumentation is certainly very different, but certain ideas have been reused in a different light. Thus, the bringing together or moving apart of musical gestures through the addition or removal of silences — giving a sense of "elasticity" to the musical mass — is a recurring parameter. The very opening of the first section is a good example: all the instruments play scales at great speed, each separated by six semiquaver rests, then five, then four, and so on until the scales are linked without pause. Although highly organised, this type of writing induces a certain form of chaos.

Conversely, as in the sections marked "jazzy", small lines heavily punctuated by silences (sometimes ascending, sometimes descending) are played by the whole ensemble in perfect homorhythm: only the clustering of the line changes (from a third completely filled with quarter-tones to the aggregation of two diminished sevenths). This homorhythm gives an impression of great organisation.

Harmonically, one can discern a great unity owing to the intensive use of the third, in all its forms: the aggregation of two diminished sevenths (C–D–E–F#–G–A–B♭–C plus D♭), the use of a scale of thirds covering six octaves, or the juxtaposition of the three transpositions of mode 2 (over three octaves).

Satka is a piece of very great virtuosity, in which the speed is paroxysmal for almost all of its twelve minutes; only four very short "sostenutissimo, molto teso" interruptions — very violent and very tense — halt the flow of notes, without however reducing the tension. For, once again, this virtuosity is not aimed at being demonstrative, but at communicating great energy from the stage to the audience.

Satka is dedicated to Jean-Dominique Marco.

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